Jouer à un jeu de rôle avec une IA : notre aventure en famille
Un capybara ninja, un tanuki ronin et des fantômes à Versailles : notre expérience de jeu de rôle en famille avec une IA comme maître du jeu, avec des règles simples et un prompt à adapter.
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Sommaire
- « Papa, on peut refaire une aventure ? »
- Un capybara ninja et un tanuki ronin au Japon féodal
- Jouer à l’oral : comment savoir qui parle ?
- Des règles maison avec un dé à vingt faces
- Versailles, des fantômes et un père laissé derrière
- Comment lancer votre propre jeu de rôle avec une IA
- Ce que l’IA facilite — et ce qu’il faut surveiller
- L’important, c’était de jouer ensemble
Mon fils s’est échappé du château de Versailles. Moi, j’ai fini aspiré par les fantômes de la galerie des Glaces. Notre maître du jeu ? Une intelligence artificielle.
Quelques mauvais jets de dés avaient suffi à transformer notre enquête paranormale en catastrophe familiale. Mon fils avait sauvé sa peau. Son père, nettement moins.
Tout cela se passait évidemment dans une aventure imaginaire. Mais les rires, eux, étaient bien réels.
Cette partie m’a donné envie de raconter comment nous avons utilisé une IA comme maître du jeu pour jouer à un jeu de rôle en famille. Pas pour automatiser un moment partagé : pour que je puisse, moi aussi, vivre l’aventure avec lui.
« Papa, on peut refaire une aventure ? »
Mon fils de huit ans se souvenait d’une partie de jeu de rôle que nous avions improvisée à l’oral, environ un an auparavant. Pas de plateau, pas de figurines : une histoire, des décisions et les conséquences de ses choix. Il avait adoré.
Cette fois, sa demande était simple : recommencer.
J’aurais pu reprendre le rôle du narrateur. Mais j’ai proposé une autre expérience : laisser une intelligence artificielle animer l’histoire, décrire les lieux et jouer les personnages rencontrés. Nous serions tous les deux des joueurs, au lieu d’avoir un parent qui connaît les coulisses et un enfant qui les découvre.
L’idée n’était pas de reproduire toutes les règles d’un grand jeu de rôle sur table. Nous voulions une aventure facile à lancer, avec très peu de préparation et sans matériel spécialisé.
Un capybara ninja et un tanuki ronin au Japon féodal
Pour notre première aventure, mon fils a choisi un Japon féodal fantastique. Son héros serait un capybara métamorphe de classe ninja. Le mien, un tanuki métamorphe de classe ronin : un samouraï vagabond.
Rien que cette association donnait envie de voir la suite.
Nous avons expliqué à l’IA l’univers, nos personnages et quelques règles simples. Puis nous l’avons laissée installer la première scène.
Au début, tout était fluide, charmant… et un peu trop tranquille. Nous avancions dans une jolie histoire, mais sans véritables ennemis ni épreuves. C’était mignon. Pour une aventure, il manquait tout de même quelque chose : un problème à résoudre et un peu de danger.
Recadrer l’IA sans recommencer la partie
J’ai donc interrompu la narration pour préciser ce que nous attendions : nos personnages devaient être les héros d’une aventure, pas seulement les touristes d’un décor. Il fallait des obstacles, des risques et des choix qui comptent, tout en restant adaptés à un enfant.
La suite a changé de ton. Trois singes portant des masques en bois rouges nous ont attaqués. Nos premiers jets de dés étaient franchement mauvais ; nous avons dû nous défendre comme nous pouvions. Puis, avec de nouvelles idées et des lancers plus favorables, nous avons réussi à les vaincre.
L’histoire ne s’est pas arrêtée au combat. Nous pouvions décider de leur sort. Mon fils a proposé une punition assez particulière : les transformer en gardiens de la lumière pour qu’ils participent à la reconstitution du chemin des lanternes. Nous avons choisi cette solution ensemble.
Cette scène résume bien l’intérêt de l’expérience. L’IA avait fourni une situation ; nous avions apporté nos décisions. Et quand le rythme ne nous convenait pas, nous pouvions l’ajuster en pleine partie.
L’illustration de couverture évoque cet univers. Elle a été générée avec l’IA après la partie, pour cet article : ce n’est pas une image produite pendant notre session.
Jouer à l’oral : comment savoir qui parle ?
Nous utilisions le mode vocal. Pour éviter de mélanger nos actions, chacun commençait son intervention en annonçant son prénom.
Ce prénom servait de repère dans la conversation. Ce n’était pas un système de reconnaissance des voix : nous indiquions explicitement qui prenait la parole.
Pour reproduire la méthode sans communiquer de prénoms, vous pouvez utiliser « Joueur 1 » et « Joueur 2 », ou les noms des personnages. Le principe reste le même : identifier le joueur avant de décrire son action.
Une règle supplémentaire aide beaucoup : demander à l’IA de ne pas décider à votre place. Elle décrit la situation et les conséquences ; les joueurs choisissent ce que leurs personnages tentent.
Des règles maison avec un dé à vingt faces
Nous avons choisi un système très léger autour du dé à vingt faces, souvent appelé d20. Un 1 provoquait un échec critique ; à partir de 10, l’action réussissait. Le 20 naturel correspondait à une réussite exceptionnelle.
Ce sont nos règles maison, pas celles d’un système officiel. Leur intérêt était surtout d’être faciles à retenir : nous pouvions nous concentrer sur l’histoire plutôt que consulter un manuel.
Pour essayer, un dé physique ou un outil de lancer de dés suffit. Mieux vaut effectuer les lancers vous-mêmes et annoncer les résultats, plutôt que supposer qu’un nombre proposé par un modèle de langage constitue un tirage aléatoire fiable.
Et inutile de lancer un dé pour ouvrir chaque porte ! Nous réservions les jets aux actions dont l’issue pouvait réellement changer la situation.
Versailles, des fantômes et un père laissé derrière
Pour une autre aventure, nous avons quitté le Japon fantastique. Direction un château de Versailles hanté, dans une version entièrement fictive, où nous incarnions des enquêteurs du paranormal.
Là encore, nos décisions et les jets de dés faisaient avancer l’histoire. Mais cette fois, les dés nous ont particulièrement mal servis.
J’ai fini aspiré par les fantômes dans la galerie des Glaces. Mon fils a réussi à sortir indemne… en me laissant entre leurs mains. Une conclusion assez catastrophique pour mon personnage, mais mémorable pour nous deux.
Nous n’avions pas besoin de gagner pour passer un bon moment. Les échecs créaient eux aussi une histoire à raconter après la partie.

Comment lancer votre propre jeu de rôle avec une IA
Le plus utile n’est pas de rédiger un prompt immense. C’est de vous mettre d’accord sur quelques éléments avant de commencer.
- L’univers : un château mystérieux, une forêt magique, l’espace ou un Japon fantastique.
- Les personnages : qui sont-ils, que savent-ils faire et que veulent-ils accomplir ?
- Le ton : humoristique, mystérieux, héroïque, avec un niveau de suspense adapté aux joueurs.
- Les règles : quand lancer un dé et comment interpréter le résultat.
- Le fonctionnement : une scène courte, puis un temps pour décider, sans que l’IA joue vos personnages à votre place.
Voici un prompt de départ à adapter. C’est une proposition construite à partir de notre expérience, pas la transcription exacte de notre conversation.
Un prompt pour une aventure familiale
Ce que l’IA facilite — et ce qu’il faut surveiller
Dans notre expérience, l’IA a permis de lancer rapidement une aventure et de l’adapter à nos idées. Mais elle n’a pas tout fait parfaitement du premier coup.
Elle peut oublier une règle, mélanger des éléments de l’histoire ou proposer une narration trop monotone. Un rappel suffit parfois ; pour une longue session, un résumé de la situation peut aider. Gardez aussi la possibilité de dire : « Stop, ce passage ne nous convient pas, changeons de direction. »
Avec un enfant, le parent reste aux commandes de l’outil et attentif au contenu. Les consignes du prompt ne garantissent pas à elles seules que tout sera adapté. Vérifiez également les conditions d’âge et d’utilisation du service choisi ; il ne s’agit pas d’inviter un jeune enfant à utiliser seul un assistant.
La méthode ne dépend pas d’une marque particulière, mais les fonctions vocales et la capacité à suivre une longue partie varient selon les outils. Vous pouvez aussi jouer à l’écrit : l’essentiel est de garder un échange clair entre le maître du jeu et les joueurs.
Faut-il connaître les jeux de rôle pour commencer ?
Pas nécessairement pour cette version simplifiée. Il faut surtout comprendre la répartition des rôles : le maître du jeu présente une situation, les joueurs décident, puis l’histoire évolue selon leurs actions. Vous pourrez approfondir les règles plus tard si l’expérience vous plaît.
Est-ce vraiment sans préparation ?
Disons plutôt avec très peu de préparation. Il faut choisir un univers, des personnages et des règles, disposer d’un appareil et prévoir les lancers de dés. Vous n’avez pas besoin d’un scénario rédigé à l’avance, de figurines ou d’un plateau.
L’important, c’était de jouer ensemble
Je ne cherchais pas à remplacer tout ce qu’un maître du jeu humain peut apporter. Je voulais répondre à une envie de mon fils : repartir à l’aventure avec moi.
Confier la narration à l’IA m’a permis d’être à ses côtés dans l’histoire, de découvrir les événements et de rater mes jets de dés avec une belle régularité.
Cette envie de créer ensemble avait déjà donné naissance au Royaume des capybaras. Ici, la forme change, mais le point de départ reste le même : une idée d’enfant que nous avons eu envie d’explorer à deux.
L’IA n’a pas créé notre envie de jouer. Elle nous a aidés à lui donner une forme.
Continuer l’aventure
Une histoire ne devrait jamais s’arrêter à la dernière ligne.
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